Jésus sur la Croix avec Marie et Magdeleine
Encre et Gouache signée en bas à gauche.
(235 x 305 mm)
La vision christique qu'a eu Max Jacob en 1909 alors de religion juive, fut le bouleversement de sa vie. Le grand événement de sa vie fut la rencontre de Dieu sur son mur, 7 rue Ravignan à Paris, le 28 septembre 1909, à cinq heures de l'après-midi. Une apparition du Christ sur le mur de sa chambre, révélation qu'il relate dans le texte saisissant qui ouvre "La Défense de Tartufe" : "Je suis revenu de la Bibliothèque Nationale; j'ai déposé ma serviette; j'ai cherché mes pantoufles et quand j'ai relevé la tête, il y avait quelqu'un sur la tapisserie rouge.
Ma chair est tombée par terre! J'ai été déshabillé par la foudre! Oh ! Impérissable seconde! Oh! Vérité! Vérité! Larmes de la vérité! Joie de la vérité! Inoubliable vérité! Le Corps Céleste est sur le mur de la pauvre chambre! Pourquoi, Seigneur? Oh! Pardonnez-moi! Il est dans un paysage, un paysage que j'ai dessiné jadis, mais lui! Quelle beauté! Elégance et douceur! Ses épaules, sa démarche! Il a une robe de soie jaune et des parements bleus. Il se retourne et je vois cette face paisible et rayonnante".
Picasso a pris Max Jacob au sérieux, c'est en tout cas ce que le poète lui rappelle lorsqu'il lui écrit, sans doute en 1921: "Quand Dieu a permis que je vinsse à lui tu l'a su le premier et tu as été le seul à ne pas rire du repentir de mes fautes"; alors que la majorité des proches du poète n'a pas manqué de faire preuve de scepticisme, voire d'hostilité. Le dessin ci-dessus est probablement datable des années 1928/29 et il est intéressant d'observer le traité des deux personnages féminins très rares dans l'œuvre du poète-artiste.
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